Conflit sous-acromial (acromioplastie)
L’acromion, os appartenant à l’omoplate, peut être le siège d’un conflit avec les tendons de la coiffe des rotateurs. Dans de rares cas, un traitement chirurgical peut être envisagé.
Anatomie & histoire de la pathologie
La coiffe des rotateurs correspond aux tendons des muscles qui permettent de mobiliser votre épaule, et qui s’attachent sur la tête de l’humérus (« coiffent » l’humérus).
Au-dessus de ces tendons, il existe un os appartenant à l’omoplate (scapula), que l’on appelle acromion, qui couvre la tête de l’humérus.
Qu’est-ce qu’un conflit sous-acromial ?
Parfois, la forme de l’acromion (« bec acromial » ou « acromion crochu »), ou la répétition de gestes lors des activités professionnelles et parfois sportives, peut entrainer un conflit entre l’acromion et les tendons de la coiffe des rotateurs situés en dessous de celui-ci.
Le conflit entre l’acromion et les tendons est souvent multi factoriel : un défaut de posture avec les épaules « en avant » est souvent responsable de ce conflit, car l’omoplate va elle même être penchée en avant, ce qui peut donner un conflit avec les tendons qui sont sous l’acromion.
De plus, des gestes répétés au dessus de la tête (contexte de travail, sports comme le tennis…) peuvent reproduire le phénomène de conflit.
Symptômes
Un conflit sous-acromial se traduit principalement par trois signes :
Douleurs
À l’utilisation du bras, lors des mouvements et du lever de poids. Souvent nocturnes, empêchant de dormir sur l’épaule.
Perte de force
Fatigabilité du bras lors des gestes répétés, notamment les gestes au dessus de la tête.
Blocages, claquements
L’inflammation causée par le conflit (bursite) peut donner des sensations de claquements, ressauts et des blocages au niveau de l’épaule.
Les douleurs peuvent être positionnelles et gêner la conduite ou d’autres activités de la vie quotidienne. On trouve très fréquemment des douleurs la nuit qui empêchent le patient de dormir sur son épaule.
Ces douleurs sont localisées au niveau de l’épaule mais peuvent irradier vers le bras ou vers le rachis cervical.
Les douleurs sont liées soit directement liées conflit, soit liées au disfonctionnement du tendon concerné par inflammation, ou rupture de celui-ci dans certains cas.
Principes du traitement chirurgical
Le chirurgien vous a proposé une prise en charge chirurgicale pour votre conflit sous-acromial pour plusieurs raisons : une rupture tendineuse associée peut être retrouvée sur l’IRM ou l’arthroscanner, ou bien le traitement médical est insuffisant.
- Supprimer vos douleurs
- Conserver ou récupérer les mobilités de votre épaule
Le principe : acromioplastie sous arthroscopie
Le traitement consiste en une acromioplastie (= remodelage de l’acromion), sous arthroscopie, grâce à une fraise motorisée. Si un tendon est rompu, celui-ci pourra être réparé dans le même temps.
Un geste sur le tendon du biceps peut être réalisé dans le même temps opératoire si besoin (voir fiche sur la ténodèse du biceps).
Pourquoi l’arthroscopie ?
Toutes les acromioplastie sont accessibles sous arthroscopie ; il est exceptionnel de devoir recourir à une chirurgie à ciel ouvert.
L’arthroscopie consiste à introduire une caméra miniaturisée dans l’articulation et à effectuer des gestes par des micro-incisions (chirurgie mini-invasive). Le chirurgien opère en regardant un écran, et 2 à 5 points de ponction sont habituellement nécessaires.
L’arthroscopie permet de :
- Faire un diagnostic complet et précis des lésions pour effectuer un traitement « à la carte »
- Diminuer l’agression articulaire
- Limiter au maximum les risques opératoires et le préjudice esthétique
- Faciliter et accélérer la rééducation
Déroulement de l’intervention
L’intervention se fait en chirurgie ambulatoire (vous rentrez à votre domicile le jour même), sauf si vous vivez seul(e) à domicile ou que l’anesthésiste le contre-indique.
Elle est réalisée sous anesthésie locorégionale (dans près de 90 % des cas) associée à une anesthésie générale. L’anesthésie locorégionale permet d’éviter les douleurs post-opératoires pendant une vingtaine d’heures après la chirurgie.
L’intervention se déroule en position couchée sur le côté. La durée est variable en fonction des gestes à réaliser, environ 30 minutes.
Suites de l’intervention
Voici les principaux repères de votre récupération :
Vous revoyez le chirurgien quelques semaines après le geste chirurgical pour évaluer la cicatrisation et adapter la rééducation.
Risques liés à l’intervention
En dehors des risques liés à l’anesthésie, il existe quelques risques spécifiques à ce type de chirurgie. Cliquez sur chaque item pour en savoir plus.
Enraidissement et douleur de l’épaule. Cette complication ralentit la guérison de façon importante, même si l’issue est le plus souvent favorable. Le délai de guérison peut alors être de 12 à 18 mois. On ne sait pas exactement d’où provient cette pathologie.
Risque faible mais toujours présent (< 1 %), qui peut nécessiter une reprise chirurgicale et un traitement antibiotique prolongé.
Risque rare, en règle générale spontanément résolutif sans séquelle.
Extrêmement rares avec l’arthroscopie, qui utilise des micro-incisions de quelques millimètres.
Rares lors d’une acromioplastie.
Une question sur votre épaule ?
Nos chirurgiens spécialistes vous reçoivent en consultation pour évaluer votre situation et vous proposer la prise en charge adaptée.



