Rupture du grand pectoral

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Traumatologie de l’épaule

Rupture du grand pectoral

Un effort violent peut parfois provoquer l’arrachement du muscle grand pectoral sur son insertion humérale. Cette lésion est accessible à une réparation chirurgicale.

Lecture : 4 min
Intervention : réinsertion ambulatoire
Récupération : 3 à 6 mois
Réinsertion tendineuse du grand pectoral (Illustrations : Claire Baldairon)

Histoire de la pathologie & anatomie

Le muscle grand pectoral est le muscle de la poitrine. Il s’insère sur le sternum, la clavicule et l’humérus.

Une déchirure dans le corps musculaire ou une avulsion de son insertion sur l’humérus peut survenir à la suite d’une contraction violente : lors du port d’une charge lourde ou au développé-couché lors de la pratique de la musculation.

Illustration d'une rupture du grand pectoral
Rupture tendineuse du grand pectoral (illustration : Claire Baldairon)
Facteur favorisant

La prise orale ou les injections de stéroïdes sont des facteurs favorisants de rupture tendineuse.

Symptômes

Une rupture tendineuse du grand pectoral se traduit principalement par les signes suivants :

Douleur & claquement

Une vive douleur associée à un claquement ressenti au moment de la rupture.

Hématome & déformation

Un hématome apparaît sur la poitrine, ainsi qu’une déformation au niveau de l’insertion humérale du muscle.

Perte de force

Perte de force et fatigabilité du bras lors des gestes impliquant le muscle grand pectoral.

Principes du traitement chirurgical

Le chirurgien vous propose une prise en charge chirurgicale pour votre rupture tendineuse pour plusieurs raisons : la lésion tendineuse est confirmée sur l’IRM ou l’échographie, et votre demande fonctionnelle motive un geste chirurgical pour limiter les séquelles.

Bénéfices attendus de l’intervention
  • Supprimer vos douleurs
  • La récupération de la force
  • Corriger la déformation esthétique

Le principe : réinsertion tendineuse

Le traitement consiste en une réinsertion du tendon sur son attache humérale.

En cas de délai tardif (supérieur à 3 mois), il est souvent nécessaire de recourir à un renfort tendineux — en prélevant le tendon long palmaire de l’avant-bras ou un tendon ischio-jambier au niveau du genou par de petites incisions — car le muscle grand pectoral est alors rétracté.

Réinsertion du grand pectoral sur l'humérus
Réinsertion du tendon sur son attache humérale (illustration : Claire Baldairon)

Déroulement de l’intervention

L’intervention se fait en chirurgie ambulatoire (vous rentrez à votre domicile le jour de l’intervention).

Elle est réalisée sous anesthésie locorégionale (dans près de 90 % des cas) associée à une anesthésie générale. L’anesthésie locorégionale permet d’éviter les douleurs post-opératoires pendant une vingtaine d’heures après la chirurgie.

L’intervention se déroule en position semi-assise, comme si vous étiez dans un transat. Sa durée est d’environ 40 minutes.

Suites de l’intervention

Voici les principaux repères de votre récupération :

Pansements
1× par semaine
À refaire par un(e) infirmier(e) à domicile, et si besoin (imbibé ou décollé).
Immobilisation
4 semaines
Attelle « en rotation interne ».
Rééducation
3 à 6 mois
Après les 4 semaines d’immobilisation : auto-rééducation à domicile + kinésithérapeute.
Arrêt de travail
2 à 6 mois
Selon votre profession (plus difficile pour les travailleurs manuels).
Reprise de la conduite
6 à 8 semaines
Après autorisation médicale et selon votre récupération.
Sport / activités physiques
6 mois
Reprise progressive et encadrée par le kinésithérapeute.
Suivi post-opératoire

Vous revoyez le chirurgien quelques semaines après le geste chirurgical pour évaluer la cicatrisation et adapter la rééducation.

Risques liés à l’intervention

En dehors des risques liés à l’anesthésie, il existe quelques risques spécifiques à ce type de chirurgie. Cliquez sur chaque item pour en savoir plus.

Elle est moins fréquente lorsque la rupture tendineuse est opérée dans les meilleurs délais (moins de 3 semaines).

Enraidissement et douleur de l’épaule. Cette complication ralentit la guérison de façon importante, même si l’issue est le plus souvent favorable. Le délai de guérison peut alors être de 12 à 18 mois. On ne sait pas exactement d’où provient cette pathologie.

Risque faible mais toujours présent (environ 2 %), qui peut nécessiter une reprise chirurgicale et un traitement antibiotique prolongé.

Risque rare, en règle générale spontanément résolutif sans séquelle.

Possibles et variables selon chaque patient.

Rares mais possibles, notamment lorsque le tendon est rétracté.

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